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Prosper Piet

Journal de voyage 1816-1817

" Je rentre en France… sans avoir le moindre clou, le plus petit bouton… "

Barcelone le 30 août 1817

 

Je devais, mon cher papa, partir aujourd'hui, mais la partie a été remise à demain. Je suis dans les paquets et dans les achats, ce qui fait que tu n'auras qu'un mot de moi, car on a comme tu sais bien des choses à faire la veille d'un départ. Cette fois ci, c'est au moins avec bien du plaisir que je m'en occupe. La "doradille" est achetée et mise (3?) dans un petit caisson que je ferai passer à sa destination comme je pourrai, profitant de l'occasion pour écrire à la bonne Désirée. Je vais sortir pour le quinquina. Quant au miel, ce n'est point le temps. Les cigares de Mr Baillot ne seront point oubliés. De sorte que je crois que toutes mes commissions seront remplies. Je comptais écrire à ces M. M. aujourd'hui et leur passer une commission, mais on ne me la remettra que ce soir et je leur écrirai de Perpignan.

 

J'ai reçu hier votre n° 42 qui m'a fait beaucoup de plaisir. Il y aura bien du malheur si du 15 au 20 je ne suis pas à Paris, je prévois que je séjournerai encore moins que je ne vous l'ai dit dans une de mes dernières lettres dans les villes de France où je passerai. Quand je songe que dans 36 ou dans 40 heures, je serai sur le territoire français, les larmes me viennent aux yeux. Je ne sais pas encore si j'irais de Beaucaire à Marseille. Je garde dans tous les cas, mon cher papa, ta lettre pour au besoin voir les personnes que tu m'indiques. Je n'ai toujours pas reçu votre n° 34.

 

Ma première vous en dira plus long, je n'ai le temps que d'embrasser d'un coup toute la famille comme je l'aime.

Pr. Piet