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Tours, le 28 septembre 1816

 

Après avoir traversé de fort belles routes et la vilaine ville de Château-Renault, nous voici en bonne santé à Tours, qui me parait une très belle ville. Le temps est très beau ce qui ne contribue pas peu à le rendre moins long.

 

Quel beau pont, quelle belle vue, quelle belle rivière ! Comme cette Loire est majestueuse ! Ce mouvement qui rompt l'uniforme solitude des routes et qui me rappelle un peu Paris, m'a fait passer un quart d'heure très doux.

 

Me voici à plus de la moitié de ma première destination et je me porte très bien. J'espère qu'il en est de même pour vous tous. Le voyage au lieu de me resserrer, me ferait plutôt l'effet contraire, cependant je n'en suis point incommodé. N'étant que 4 dont deux enfants dans la diligence nous sommes très à notre aise et nous pouvons souvent changer de position. L'indisposition du petit enfant a cessé. J'ai bien dormi cette nuit à Vendôme dans mon sac. Nous étions deux dans la chambre.

 

L'itinéraire que mon père m'avait remis était celui de la route par Orléans, ainsi il m'a été inutile jusqu'ici, mais il va servir à présent. On ne nous avait pas encore demandé nos passeports jusqu'ici.

Les bleds sont rentrés par ici.

 

On m'appelle je vous quitte en vous embrassant tous de toute la tendresse de mon coeur. J'avais l'intention de parler avec papa et je m'aperçois que j'ai parlé à toute la famille. Cela me met en droit d'attendre successivement des lettres de vous tous.

 

Prosper

 

Prosper Piet

Journal de voyage 1816-1817

" Les bleds sont rentrés par ici "